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 Give me five seconds. Only five seconds. Five seconds then scream.

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Laurens Hartmann

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Messages : 23
Date d'inscription : 22/06/2012

MessageSujet: Give me five seconds. Only five seconds. Five seconds then scream.    Ven 22 Juin - 22:34


Laurens, Dieter, Hartmann.



Son caractère:

Manipulateur, ambitieux et déterminé, Laurens vit totalement en osmose avec son clan. A ses yeux, les gens extérieurs n’ont aucune valeur, ils ne sont que des pions, voire des repas. Cela le conduit à se comporter de façon charmante et innocemment séductrice avec ceux qui peuvent lui être utile et à se montrer parfaitement infect avec ceux dénués d’intérêt, dès qu’il se trouve seul en leur compagnie. La plupart des gens ne remarquent que très rarement ce fait, étant eux-mêmes naturellement différents en fonction de leurs interlocuteurs, tandis que ceux y prêtant attention et voulant remédier à la situation se font tuer dans les plus brefs délais par le prédateur que Laurens se laisser aller à devenir. Le meurtre est en effet devenu sa façon de régler n’importe quel problème, en dépit des avertissements d’Arcadius et de ses promesses de se contrôler. Il ne se rend pas compte que son goût pour le sang pourrait être un obstacle à ses désirs de pouvoir et qu’en lui, un dédoublement a lieu : le Démistophélès affronte hargneusement l’Homme à chaque instant au lieu de vivre en paix avec lui. Et outre devenir un obstacle pour lui-même, le danger est qu’il attire sur lui des regards dénués de bienveillance puisqu’il se chuchote que les Démistophélès ne sont plus les seules créatures magiques importantes de la ville.


Son physique:

Brun aux yeux verts sombres, Laurens est avantagé par sa haute taille et sa carrure non négligeable qui ont été parmi les critères lui ayant permis de devenir Demistophélès ; malgré le fait que tous les membres de son clan ne soient pas aussi grand que lui ou Arcadius peuvent l’être. Les boucles que ses cheveux forment quand ils les laissent pousser l’insupportent assez mais il lui arrive de les laisser, en temps de vacances, tout comme, parfois, dans les mêmes circonstances, il omet de se raser plusieurs jours d’affilées. Cela lui donne un air plus jeune qu’il apprécie avoir mais, au final, il finit toujours par couper ou raser tout poil en trop et découvrir les fossettes ancrées à ses joues afin de privilégier l’air soigné qui lui tient particulièrement à cœur depuis son plus jeune âge en raison de l’influence qu’a l’apparence physique sur autrui.


Son histoire:

Laurens est né le 16 novembre 1990 à Munich, en Bavière. Issu d'un foyer aux revenus modestes, Laurens s'est très tôt démarqué de ses parents, Anja et Friedrich, par l'ambition que son caractère dévoilait. A treize ans, c'était le principal trait par lequel on l'identifiait. Chaque jour un peu plus, l'envie qu'il avait de dévorer le monde étendait sa toile à travers son être et apparaissait clairement dans son attitude. Chaque jour, sa mère se demandait ce qu'il pouvait ressortir de bon de tant d'avidité. Chaque jour, son père avait peur de ce à quoi son fils pourrait prêter allégeance si tant est que cela puisse satisfaire son ambition.

Enfant, Laurens avait pourtant été un enfant comme les autres. Joyeux, plein de vie, boudeur, curieux. Il avait des amis, des notes correctes et une passion infinie pour la nature. Son entrée dans la puberté avait balayé tout cela pour laisser un préadolescent silencieux, charmeur et ambitieux. Un mélange qui paraissait fait pour durer, comme en témoignait l'évolution du garçon, au fil des jours, mais qui ne resta pas intact. Pendant que Laurens prenait de l'âge, ses tendances charmeuses mutèrent doucement en des tendances manipulatrices et, bientôt, il ne fut plus possible à ses parents de positiver le caractère de leur fils. Sans qu'ils ne s'en aperçoivent, leur enfant, devenu alors adolescent, était doucement tombé du côté sombre de l'humanité. Pris au dépourvu, il essayèrent d'en parler avec lui, de lui faire réaliser que son goût excessivement prononcé pour la réussite n'était pas sain. Que l'on pouvait aspirer à réussir mais pas au prix qu'il semblait vouloir mettre pour cela. Ce fut un échec. Laurens leur reprocha leur manque d'ambition et les accusa de vouloir le rabaisser à leur niveau. Ce jour-là, Anja comprit qu'elle était à deux doigts de perdre l'enfant qu'elle avait mis au monde, quinze ans auparavant. Friedrich le gifla pour avoir dit ça. C'était la première fois qu'il levait la main sur son fils et celui-ci ne réagit pas. Impassible, il garda le regard fixé sur son père, comme s'il attendait quelque chose. Cela décontenança rapidement Friedrich qui quitta sa chambre, bientôt suivi par son épouse, bouleversée.

La relation entre Laurens et ses parents n'alla pas en s'arrangeant, les jours, mois, années qui suivirent et s'aggrava lors de la dernière année d'études du jeune homme. Il avait alors dix-huit ans et se préparait à passer l'Abitur [NDA : Ils ont un an de lycée de plus que nous et l'Abitur = le BAC x)] à la fin de l'année. Ses notes de convenables étaient passées à excellentes depuis la fin de son collège et ses parents considéraient que c'était peut-être l'unique chose positive qui avait découlé de son ambition. Ses fréquentations comprenaient la plupart des individus populaires de son établissement, ce qui le plaçait lui-même dans cette catégorie. Néanmoins, il ne se trouvait pas être le Roi de son lycée. Le Roi de son lycée se nommait Arcadius Lepipheiron. Nul ne savait d'où il venait, même s'il était évident pour tout le monde qu'il ne pouvait être allemand. Son nom atypique lui avait valu quelques moqueries, à son arrivée, l'année passée, mais il avait su les gérer avec brio et son physique agréable avait achevé de lui ouvrir les portes de la popularité. Le printemps suivant, il avait détrôné le Roi alors en place mais lui laissait le titre officiel afin d'éviter des problèmes inutiles, le temps que l'année se finisse. A cette époque, Laurens était déjà l'un de ses amis mais il se rapprocha davantage encore de lui, une fois qu'il eut été couronné. Arcadius s'aperçut de sa manœuvre mais le félicita au lieu de le dénigrer. Une poignée de jours plus tard, Laurens était convié à une fête privée organisée par Arcadius.

- Et où se déroule ta fête?
- Dans un vieux chalet, au milieu de la fôret, à une quinzaine de kilomètres de Munich.
- Je ne pense pas que mes parents pourront m'y emmener.
- Ne t'inquiète pas pour cela. Je passe te prendre à dix-huit heures. Sois prêt.


Et Laurens avait été prêt. Il s'était préparé, il était sorti sur le perron et il était entré dans la voiture, dès qu'elle était arrivée. Il avait fait tout ce qu'il savait qu'on attendait de lui, pendant que ses parents chuchotaient derrière son dos et que sa mère ne cessait de lui demander de l'appeler, en cas de problème. Il avait même promis cela, pour réellement faire tout ce qu'il fallait et être prêt. Mais a posteriori, quand il lui arrivait de se demander s'il aurait vraiment pu être prêt pour ce qu'il l'attendait, la réponse qui lui venait immanquablement à l'esprit était non. Non, même avec toute la volonté du monde, il n'aurait pas pu. Ce qui était survenu était trop extraordinaire pour cela. Trop impensable. Trop affreux. Mais c'était arrivé et, désormais, il s'en accommodait parfaitement. Tout ce qu'il avait pu vouloir lui avait été offert, ce soir-là.

- Combien serons-nous?
- Oh, un petit comité... Pas plus de douze, il me semble.
- Des personnes que je connais?
- Quelques-unes, oui.


Et le sourire qu'esquissait Arcadius en disant cela prenait un tout autre sens, quand Laurens y repensait. Oui. Un tout autre sens.

- Les amis, je vous présente Laurens Hartmann.
- Enchanté, Laurens. Arcadius nous a beaucoup parlé de toi
, dit un homme, grand, mince et brun, en lui serrant la main. Je m'appelle Jonas. Jonas Letzig.

Ses yeux noisettes ne cessaient d'aller de lui à Arcadius et il recula rapidement, pour laisser la place aux autres. Tous étaient de sexe masculin et tous vinrent lui serrer la main, se présenter, le saluer mais il n'en connaissait aucun. Une fois que ce fut fait, que les présentations furent faites, Arcadius demanda à Jonas de les guider jusqu'à une large pièce dans laquelle se trouvaient dix chaises placées en cercle sur un épais tapis, dont l'usure était flagrante, autour d'un imposant cube recouvert de draps.

- Je croyais que je connaîtrais des gens, chuchota Laurens à Arcadius avant qu'ils n'entrent dans la pièce.

Le sourire d'Arcadius revint danser sur ses lèvres, aussi énigmatique que charmant et il l'attrapa par les épaules :

- Tu vas vite t'apercevoir que j'ai dit la vérité, détends-toi.

Il ne mentait pas, en effet. Laurens le constata dès que les draps furent retirés et qu'une imposante cage apparut à leurs regards. Ils étaient assis autour de la cage, tous les dix, et au milieu d'eux, au milieu de la cage, deux corps étaient recroquevillés l'un contre l'autre. Sami Bödel, un élève de leur promotion un petit peu moins populaire qu'eux, et Diana Cohenheim, elle aussi de leur promotion, elle aussi un petit peu moins populaire qu'eux. Ils paraissaient avoir été déterrés d'une quelconque tombe tant leurs vêtements et leurs peaux étaient tâchés de terre. Laurens pouvait cependant constater qu'ils étaient encore en vie. S'accroupissant devant eux, Arcadius leur lança de l'eau et ils ouvrirent difficilement les yeux, complètement déboussolés. La terreur naquit rapidement sur leurs traits et ils se redressèrent du mieux qu'ils purent en regardant autour d'eux. En tombant sur Laurens, Diana se jeta sur les barreaux les plus proches de lui et lui demanda ce qui était en train de se passer. Faute de le savoir, il ne put qu'hausser les épaules, en se posant lui aussi la question sur ce qui allait advenir, dans les prochaines minutes.

- Tu veux savoir ce qui va t'arriver, Diana, c'est exact? s'enquit Arcadius en faisant le tour de la cage pour se trouver face à elle.

Tremblante, la jeune fille hocha la tête et Laurens vit des larmes apparaître aux bords de ses paupières. Il comprit alors qu'elle savait ce qui allait se passer et qu'elle demandait uniquement dans le but de tuer la dernière parcelle d'espoir qui subsistait en elle, de la même manière qu'elle allait elle-même être tuée, au cours de la soirée. Le réaliser causa un certain choc à Laurens et il déglutit difficilement. Personne ne le remarqua, tant tous étaient concentrés sur les individus placés au centre de leur cercle.

- Et toi, Sami? Tu as envie de le savoir, dis-moi? continua Arcadius en accordant son attention au jeune homme resté au milieu de la cage.

Le regard dans le vide, il ne réagit pas. Aussitôt, Arcadius se saisit de la bouteille qu'il avait utilisée pour les réveiller et lui balança dessus ce qu'il restait à l'intérieur. Sami l'observa alors et il lui reposa sa question.

- Je sais ce qui va nous arriver, Arcadius.
- Bien. Pourquoi ne lui dirais-tu pas, alors?
- Diana
, appela le jeune homme. Regarde-moi.

Hésitante, elle se tourna doucement vers lui et il lui tendit les bras. Elle vint immédiatement s'y réfugier, apeurée.

-On va mourir, Diana. Tu en as conscience, pas vrai?

Elle confirma d'un signe de tête et Laurens vit deux larmes silencieuses rouler sur ses joues, identiques à celles qui venaient d'échapper à Sami. Sa gorge s'assécha mais il ne bougea pas. Il avait autant envie de voir ce qui allait se passer que peur de mourir s'il intervenait. Royal, Arcadius revint se placer devant sa chaise vide et posa sa main droite au-dessus de son coeur, le bout de ses doigts touchant l'articulation de son épaule. Tous l'imitèrent aussitôt et Diana se mit à hurler.

Tétanisé, Laurens observa les neuf autres chaises autour de lui en se demandant où diable étaient passés leurs occupants. A la place des neufs garçons qu'il avait salué un peu plus tôt se trouvaient neuf créatures imposantes dont les têtes noires étaient déchirées par une bouche monstrueuses, remplie d'une multitude de dents acérées et surplombée par deux globes oculaires gris foncés où nulle touche de blanc n'avait sa place. Une sorte d'aura sombre les entourait et rendait flous leurs contours. Pourtant, leur aspect ne perdait en rien de son horreur et le rire qui les agita tous en entendant le cri de Diana ne fit que renforcer leur air cauchemardesque.

Celui qui se trouvait à la place d'Arcadius ouvrit la cage et Laurens remarqua distraitement que ses mains étaient toujours humaines, bien qu'entourées du même halo que sa tête. Le cri de Diana ne fit que s'intensifier en voyant cela et elle se blottit d'autant plus contre le torse de Sami. Celui-ci, les yeux fermés, paraissait réciter quelque choses et Laurens supposa qu'il s'agissait d'un verset de la Bible. Cela n'eut aucun effet sur la créature qu'était devenu Arcadius et il arracha Diana de l'étreinte de Sami sans le moindre effort apparent. Le jeune homme rouvrit les yeux en sentant cela mais se hâta de les refermer, ce dont Laurens ne pouvait le blâmer : assise sur la chaise d'Arcadius, Diana avait un fin filet de sang qui coulait de sa bouche et ses yeux verts regardaient le plafond avec une expression absente que Laurens comprit lorsqu'Arcadius s'écarta d'elle et laissa voir l'abdomen tordu et sanglant de la jeune fille. Dans les mains d'Arcadius, une masse rougeâtre palpitait précipitamment. Une fois qu'il l'eut avalée, sous les acclamations des huit autres créatures, Laurens réalisa que ce qu'Arcadius venait de manger était le cœur de leur condisciple. Nul sang ne tâchait cependant ses mains ou ce qui lui tenait lieu de visage et le jeune homme ne put retenir un hoquet choqué en voyant cela, préférant traiter en priorité ce genre d'informations plutôt que se confronter immédiatement à l'horreur de ce qu'il venait de voir.

Tous les regards convergèrent alors vers lui et les bouches s'arquèrent dans une sorte de sourire malsain qui glaça son sang. Allaient-ils lui faire subir le même sort qu'à Diana? Une part de lui avait la conviction que non, qu'il n'était pas au même rang qu'elles pour les créatures, mais une autre partie de lui ne pouvait s'empêcher de craindre cette éventualité. Sa crainte s'accentua quand Arcadius se déplaça vers lui et déchira le polo qu'il portait, au niveau du cœur, là où ils avaient tous posé les paumes de leurs mains, un peu plus tôt.

- Alors, Laurens, tu vois que tu connaissais des gens, à ma petite fête, dit la créature d'une voix plus rocailleuse que celle qu'avait Arcadius, en temps normal.

L'interpellé était dans l'incapacité de réagir. Le regard fixé sur l'être devant lui, il s'attendait à tout moment à se faire tuer comme Diana venait de l'avoir été. Semblant comprendre ses pensées, la créature qu'était devenue Jonas prit la parole, de l'autre côté de la cage.

- Détends-toi, Laurens. Tu n'es pas comme eux. Tu ne vas pas mourir. Du moins, pas ce soir, ajouta-t-il avant de sourire.

C'était la seconde fois que l'on demandait à Laurens de se détendre et il essaya d'obéir au conseil qui lui était fait. La proximité des créatures infernales et de Sami qui pleurait, au milieu de la cage, ne l'y aidait pas mais il finit par y parvenir, en voyant que personne ne bougeait, que tous attendaient qu'il se détende. Que personne n'essayait de le tuer. Il se sentait brusquement en sécurité, ainsi observé. Comme un enfant peut l'être sous le regard attentif de sa mère. Un nouveau sourire naquit alors sur le visage monstrueux d'Arcadius et il reprit la parole :

- Je savais que tu serais parfait, Laurens... J'en étais sûr.

Le susnommé n'eut pas eut le temps de se demander pour quoi il serait parfait. Une douleur violente et aigüe venait de naître en lui. Instinctivement, il se replia sur l'origine de son mal, les paupières plissées par l'intensité de la sensation, et ses yeux se rouvrirent spontanément en constatant que c'était sur son épaule gauche, qu'il se repliait. L'épaule la plus proche du cœur. Là où les neuf créatures avaient apposé leurs mains. Immédiatement, il fit alors ce qu'il les avait vues faire, quelques temps auparavant et se détendit précautionneusement, en s’apercevant que sa douleur refluait petit à petit, maintenant qu'il avait sa main droite posée sur elle.

- Bienvenue parmi nous, Laurens, annoncèrent d'une voix unique les neuf autres créatures.

Observant sa main libre, le jeune homme constata qu'une étrange aura noire l'entourait.

Il avait par la suite appris que "nous" était un clan. Le clan des Démistophélès, un genre de démons inférieurs qui se nourrissait régulièrement de cœurs humains. Leur communauté était restreinte, en raison d'une chasse envers leur espèce qui avait été organisée quelques années auparavant, et c'était pour cette raison qu'il avait été autorisé à y entrer, lui qui présentait les qualités nécessaires à cela. Une fois qu'ils lui eurent expliqués cela, il fut invité à faire son premier repas et il répéta sur Sami les gestes qu'Arcadius mima sur Jonas, redevenu humain. La dégustation de ce premier cœur ne fut pas aussi agréable que le sous-entendaient les autres. La part humaine de Laurens était encore trop présente pour cela. Quand il y repensa, deux mois plus tard, il ne put s'empêcher de sourire avec indulgence à son ancien lui. Désormais, il était parfaitement habitué au goût du cœur humain et nul met ne pouvait l'égaler. Son humanité refluait également très bien, quand il se trouvait sous sa forme démoniaque, et Arcadius lui enseignait méthodiquement les différentes choses qu'il devait savoir sur son clan et les capacités que cela lui procurait. Il apprit ainsi à percevoir la qualité des organes à l'oreille et devint rapidement un chasseur remarquable. De temps en temps, en tant que chef du clan Démistophélès munichois, Jonas organisait des soirées-meurtres afin qu'ils puissent se nourrir convenablement, sans tomber dans une quelconque anarchie, et Laurens faisait partie de ceux qui ramenaient le plus de victimes.

Parallèlement à cela, il poursuivit ses études, obtint son Abitur sans trop de problèmes et s'inscrivit à l'Université Libre de Berlin pour fuir ses parents. Ceux-ci avaient remarqué un nouveau changement négatif en lui et s'accrochaient à lui dans l'espoir qu'il leur en parle et qu'il revienne sur le bon chemin. Pour qu'ils le laissent tranquille, il lui arrivait de faire quelques efforts mais son naturel revenait toujours au galop et des propos durs lui échappaient sans qu'il ne fasse rien pour s'en excuser. Anja avait bel et bien perdu le fils auquel elle avait donné naissance. Désormais, c'était d'Arcadius dont il était l'enfant. Cela faisait partie des choses qu'il avait appris : « le créateur est le père du crée. Le crée doit respect et obéissance au créateur, qu'il a pour obligation d'appeler Ayah, ce qui signifie "père" en Indonésien.» Au lycée comme en privé, Laurens appelait ainsi Arcadius, "Ayah", et il ne mit pas longtemps à s'apercevoir que celui qu'Arcadius appelait "Ayah" était Jonas. La surprise qui en découla ne dura qu'un temps et il refusa de poser la moindre question à ce sujet, songeant que c'était à Arcadius d'aborder la question, si l'envie lui en prenait. Elle ne lui prit jamais.

Quand Laurens déménagea dans une résidence universitaire, à Berlin, Arcadius l'accompagna et lui donna le nom de quelques-uns des membres munichois de leur clan en lui conseillant de ne pas hésiter à se battre avec eux, s'il en avait l'occasion.

- Cela te donnera aussitôt une certaine ascendance sur eux et le reste des membres de notre clan, lui expliqua-t-il en finissant l'énorme coupe de glace qu'il avait commandée, dans un de leurs glaciers préférés. Même si tu ne gagnes pas. Ton audace marquera et on craindra l'augmentation de tes capacités.
- Je ne risque pas d'être mal perçu?
- Si tu veux t'intégrer positivement au clan Berlinois, tu n'as pas le choix, Putra.

Cela signifiait "fils". Il était rare qu'Arcadius emploie ce terme. Laurens le prit comme il le devait, c'est-à-dire au pied de la lettre. S'il rencontrait des Démistophélès et qu'il avait la possibilité de se battre avec eux, il le ferait. C'était clair dans son esprit.

Arcadius repartit à Munich. Laurens fit sa rentrée. Dans son groupe d'études, il y avait un des Démistophélès dont il possédait le nom. Le soir même, il le coinça dans une ruelle et se battit avec. Comble de chance, il sortit victorieux du combat, laissant son adversaire, sévèrement sonné, au sol pendant qu'il rentrait chez lui l'arcade sourcilière ouverte et une large trace de morsure au niveau de son cou. Il passa se faire poser des points de suture, dans une pharmacie de garde qui croisa son chemin, et désinfecta lui-même la trace superficielle de morsure. Le lendemain, le garçon qu'il avait agressé présentait une attelle au niveau du nez et un œil au beurre noir mais Laurens savait qu'il avait aussi divers bleus au niveau de son torse et une marque de morsure, identique à celle que lui-même avait, sur les côtes. Peu avant la pause de midi, il reçut un SMS : RDV à Checkpoint Charlie. 07:00 pm. Il releva les yeux. Son adversaire de la veille le fixait. Sans un mot, il hocha la tête à son intention et l'autre démon disparut au milieu de la masse des élèves.

Le soir arriva rapidement. Il se rendit au point de rencontre, après avoir longuement discuté avec Arcadius, par téléphone. Il avait été rassuré et encouragé, Arcadius tapant là où il savait que cela aurait un effet : l'ambition dévastatrice que Laurens nourrissait encore et toujours.

- C'est simple, lui avait-il dit. Si tu n'imposes pas le respect dès le début, tu ne graviras aucun échelon, à Berlin. Aucun. Ce n'est pas comme ici. Tu n'es le Putra de personne, à Berlin. Tu es juste toi, Laurens Hartmann, jeune Démistophélès. Et tu dois leur montrer qu'en dépit de ta jeunesse, tu n'es pas à ne pas prendre en compte. Tu dois leur montrer que tu as du potentiel, Laurens, tu comprends?
- Oui, Ayah...
- Tu ne te feras pas tuer, si tu n'y arrives pas, cependant, donc ne t'inquiète pas pour cela. On ne tue l'un des nôtres qu'en cas de situation extrême. Tu pourras toujours appartenir à la communauté mais tu n'aurais pas le moindre poids dedans.


A ces mots, Laurens avait serré les dents et Arcadius avait laissé échappé un bref rire.

- Je sais que tu parviendras à te faire respecter... Appelle-moi dès que ce sera fait, avait-il conclu avant de raccrocher.

Et Laurens était parvenu à se faire respecter. Il avait rencontré Ludwig Strauss, le chef de la communauté Démistophélès de Berlin, et il avait répondu à ses questions sans tressaillir, ses yeux plantés dans les siens. Il n'avait pas nié avoir attaqué un des leurs et ne montra pas le moindre signe de repentir, même une fois que Ludwig l'eut informé du fait qu'il s'agissait de son premier Putra.

- Cela ne m'étonne pas, rétorqua-t-il plutôt, sous le regard étonné de Ludwig et des deux démons qui jouaient le rôle de gardes du corps.
- Et pourquoi cela ne vous étonne-t-il pas, monsieur Hartmann?
- Vous n'aviez pas encore l'expérience pour choisir les personnes adéquates, il est ainsi normal que vous vous soyez ainsi fourvoyés au sujet de Klaus, monsieur Strauss. Personne ne peut vous jeter la pierre.


Un sourire était apparu sur le visage de Ludwig.

- Celui qui vous a crée semblait savoir ce qu'il faisait, en tout cas, monsieur Hartmann, commenta-t-il.

D'un hochement de tête, le susnommé confirma.

- Bienvenu à Berlin, Laurens.
- Merci, monsieur Strauss.
- Je vous en prie. Appelez-moi, Ludwig.

Le sourire qui se dessina sur les lèvres de Laurens, à l'entente de ces mots, était clairement victorieux. Une fois chez lui, il téléphona à Arcadius et l'informa de sa réussite. Les félicitations qu'il reçut le touchèrent plus que toutes celles qu'il avait pu recevoir jusque là de la part de ses parents.

Deux semaines plus tard, Klaus, le premier Putra de Ludwig, et lui étaient devenus des intimes et se rendaient à la première tuerie berlinoise de Laurens. Comme toutes celles qui se déroulaient dans cette ville, c'était Ludwig qui l'avait organisée et Laurens en garda un souvenir excellent, chacun d'entre eux ayant pu obtenir le cœur qu'il attendait. Suite à cela, il ne mit que quelques semaines à être promu chasseur officiel de la communauté berlinoise et fit en sorte de ne pas faire regretter à Ludwig son choix. Y parvenant sans mal, il continua à gravir doucement les échelons qui le rapprochaient du chef berlinois.

Aujourd'hui, deux ans après son arrivée à Berlin, Laurens est en position cinq dans la hiérarchie berlinoise et ne compte pas s'arrêter là. Au niveau de ses études, il a réussi les deux premières années de sa licence et le directeur des ressources humaines de l'entreprise où il a effectué son stage de deuxième année lui a assuré qu'il lui trouverait certainement un poste à la fin de sa licence, s'il continuait dans cette voie-là. N'étant en rien intéressé par l'entreprise en question, Laurens ne compte pas arrêter ses études pour y entrer mais préfère viser l'entrée dans différentes écoles privées qui lui ouvriront officiellement l'accès au monde des classes supérieures auquel il aspire depuis le début de son adolescence. Un monde dans lequel il est plus facile de pénétrer quand on est un Démistophélès, puisque la possibilité qu'ils ont de pouvoir dévorer le cœur de leurs concurrents sérieux leur facilite la tâche.

- Attention à ne pas devenir imprudent, en empruntant ce chemin, Putra, avait commenté Arcadius quand Laurens lui avait exprimé sa théorie sur le sujet. Tuer est facile mais je te rappelle qu'un trop grand nombre de disparitions, en peu de temps et dans un groupe restreint d'individus, provoquera forcément une foule de questions et une enquête policière.
- S'ils ne trouvent rien, ils finiront par classer le dossier...
- S'ils ne trouvent rien, confirma Arcadius. A toi de faire tes choix. J'espère pour toi qu'ils seront pertinents. Je ne pourrai rien pour toi, dans le cas contraire.
- Fais-moi confiance, Ayah. Tu ne m'as pas transformé pour rien. Souviens-toi.
- Je me souviens, Laurens, je me souviens... Tu comptes revenir sur Munich, durant tes vacances?
- Non. Je ne préfère pas. Mais je t'accueille à bras ouverts si tu as envie de me rendre visite.
- Peut-être, oui, viendrais-je faire un saut dans ta misérable mansarde d'étudiant...
annonça Arcadius en exagérant sa moquerie.
- Préviens-moi à l'avance, juste... Histoire que tu n'interrompes pas quelque chose... répliqua sa création avec un ton empli de sous-entendus.

Le soupir, rapidement suivi par la tonalité qui indiquait que son correspondant avait raccroché, qui lui répondit fit sourire moqueusement Laurens et il se rallongea sur son lit, les doigts croisés derrière sa nuque.

- Sait-on jamais, murmura-t-il pour lui-même. Peut-être qu'un jour, un cœur aura un rythme différent... Un rythme qui n'appelle pas la mort mais l'amour.

Son sourire moqueur s'agrandit à cette pensée et il ferma les yeux avant de s'endormir, quelques brèves secondes plus tard, confiant en ce que lui réservait l'avenir. Devenir un Démistophélès avait annihilé la peur, en lui. Quelques doutes avaient continué à subsister dans son coeur, lors de son arrivée à Berlin, mais maintenant qu'il avait eu la preuve qu'il appartenait solidement à son clan, peu importe l'endroit où il se trouvait, Laurens savait que rien de mieux n'aurait pu lui arriver. Et que rien de fâcheux ne traverserait sa route. Absolument rien. Jamais.


En synthèse:

Âge :
21 ans.
Nationalité :
Allemande.
Particularités :
Membre du clan des Démistophélès. Possède la capacité de se métamorphoser en une bête de haute taille, environ deux mètres cinquante, dont la tête noire est déchirée par une bouche monstrueuse, remplie d'une multitude de dents acérées, et se trouve être surplombée par deux globes oculaires d'un gris foncé où nulle touche de blanc n'apparaît. Une sorte d'aura sombre accompagne l'apparition et floute ses contours sans atténuer l'horreur que cela crée. Quand il est sous cette forme, il garde son esprit d'humain mais perd son humanité. Sa force et sa vitesse sont décuplées tout comme sa vision mais son toucher et son odorat diminuent.
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